Moulage d’un disque vinyle : expérimenter les limites des sillons
L’une de mes expérimentations les plus intrigantes a été de réaliser le moulage complet d’un disque vinyle, un 45 tours, avec du plâtre. L’idée derrière cette démarche était simple, mais ambitieuse : les sillons du disque, si fragiles et si précis, pouvaient-ils être suffisamment bien reproduits dans une autre matière pour produire du son ?
D’après les conseils d’Alexi Lepage, le plâtre semblait un bon point de départ. Sa capacité à capturer les moindres détails en fait un matériau intéressant pour ce type d’expérimentation. Cependant, la question restait ouverte : le moulage serait-il assez précis pour que l’aiguille d’une platine puisse lire ces sillons et transformer cette surface inhabituelle en son ?
Cette étape a été un véritable défi technique, mais elle a également ouvert de nouvelles perspectives sur la matérialité des sillons eux-mêmes. Travailler avec le plâtre m’a permis d’explorer les limites de ce matériau et d’évaluer son habileté à traduire des informations aussi complexes qu’un signal sonore. Ce n’était pas uniquement une question de savoir-faire technique, mais aussi une façon de réinterroger la nature même du disque vinyle comme objet, et les notions de reproduction et de transmission qu’il incarne.
Les résultats, bien que perfectibles, ont été prometteurs et surtout stimulants. Ce type d’expérimentation, où le son rencontre des matériaux improbables, nourrit ma pratique en ouvrant des voies inattendues. Cela m’a par ailleurs encouragé à poursuivre mes recherches sur d’autres matériaux, comme le verre, pour repousser encore davantage les frontières entre son, matière et création.